Carla, au pair en Nouvelle Zélande

J’ai rencontré Carla par le groupe facebook « We are backpackeuse ». Nous avons échangé par message, car nous sommes arrivées en Nouvelle Zélande à 1 semaine d’écart, en mars 2020. On s’est vue pour la 1ère fois en juillet à Auckland, et elle fut ma travelmate pendant 2 mois et demi début 2021 !

Hello !

Moi c’est Carla, j’ai 25 ans, je viens du Bassin d’Arcachon dans le Sud-ouest de la France. J’ai fait des études en communication et marketing. A la fin de mes études, j’ai décroché mon premier emploi dans le milieu bancaire où j’y ai travaillé 1 an. J’étais en couple depuis 4 ans, à Beauvais, j’avais tout pour être heureuse, mais je me rendais compte qu’à 25 ans j’avais envie de plus qu’une vie métro/boulot/dodo.

Pourquoi la Nouvelle Zélande ? Qu’est-ce qui t’a fait partir ? Quel a été le déclic ?

Je rêvais depuis mon plus jeune âge de partir en Nouvelle Zélande. J’étais passionnée par les All Blacks et la culture néo-zélandaise. Et peut-être un peu trop amoureuse de Dan Carter. Mais j’avais mis ce rêve de côté en rencontrant mon compagnon.

Un jour, à la suite d’une discussion avec un ami, je me suis rendu compte que mon entourage avait tracé ma vie pour moi (compagnon, travail… à quand le bébé ?) J’avais 25 ans et l’envie de découvrir la vie. J’ai donc décidé de tout quitter pour réaliser mon rêve et j’ai pris un billet d’avion le soir même. On peut dire que j’ai fait ça sur un coup de tête !

Maitrisais-tu l’anglais avant de partir ?

Euh… niveau CM2 ? (rires)

Comment s’est passée ton arrivée ?

Je suis partie le 17 mars en Nouvelle-Zélande – le Covid avait alors déjà fait une dizaine de cas, un millier en France. J’ai failli annuler mon voyage quelques heures avant le départ. J’appréhendais beaucoup et j’avais peur du jugement des autres (passer pour une égoïste et irresponsable de voyager en temps de pandémie.

J’étais censée voyager une quinzaine de jours dans l’ile du nord avec 2 anglaises, nous avions loué un van. En plein vol, le gouvernement neo-zélandais a annoncé la mise en place d’une auto-isolation pour toute personne entrant sur le sol. De là, mes 2 travelmates ont décidé d’annuler. Le stress…. Sans réseau à bord je ne pouvais ni répondre aux messages, ni réserver d’hôtel. Je me sentais impuissante! Une fois à l’aéroport, j’ai finalement booké une auberge de jeunesse (mais attend ce n’est pas fini !) et dès mon arrivée, l’hôtel m’a mis en quarantaine. J’avais l’interdiction de sortir pour m’acheter à manger ou à boire ! J’étais au bout de ma vie, j’en pleurais.

Le lendemain j’ai décidé de partir en prétendant avoir réservé un autre hôtel, j’ai refais mon sac et je suis partie dans la rue sans savoir où j’allais (je ne parlais toujours pas plus anglais rires). La phrase « être à la rue » a pris tout son sens pour moi ce jour là. J’y suis restée quelques heures et j’ai mis des annonces sur des groupes facebook afin de trouver des personnes qui arrivaient le même jour et qui, eux-aussi, devaient faire leur quarantaine. Et j’ai rencontré une allemande et un français.

Au bout d’une semaine, le gouvernement a décidé que tout le pays passait en confinement. Mes deux camarades sont partis pour trouver un travail – bien que c’était interdit. A ce moment là j’ai décidé de prendre un avion pour rentrer en France. Les prix étaient exorbitants : jusqu’à 15 000€, et malgré tous les billets partaient en 20 minutes ! Les gens se précipitaient pour les acheter. J’en ai finalement trouvé un au bout de 3 jours à 1000€. De là je savais que j’avais le choix de partir ou rester, j’ai décidé de chercher une famille pour être au pair, je n’avais rien à perdre.

Carla
Carla – Hamilton Garden – février 2020

Qu’est-ce qu’être au pair pour toi ?

Concrètement je faisais entre 25 et 45h, nourrie, logée, blanchie, avec un salaire de 250 et 400$/semaine pour m’occuper de la maison et des enfants. Mais pour moi être au pair c’est avant tout avoir la chance de se mettre dans la peau d’une maman / grande sœur, sans être lié à vie. L’impression de faire partie depuis toujours d’une famille, comme si c’était la tienne. Participer aux sorties avec eux le week-end, etc.

Aujourd’hui ça fait donc 1 an que tu es en Nouvelle Zélande, comment s’est déroulé ton séjour ?

J’ai trouvé une adorable famille pour faire au pair, à Rotorua, et j’y suis restée 3 mois. J’ai changé 4 fois de famille, j’y restais souvent entre 3 semaines et 3 mois. C’était le meilleur moyen pour moi de voyager, de grandir personnellement en étant avec des enfants, d’apprendre à être plus responsable. J’ai aussi essayé la vanlife (avec toi, et j’en suis encore vivante rires), et un job dans les kiwis (j’ai adoré !)

Quel est à ce jour ton meilleur souvenir de ce voyage ?

Entre mes expériences en famille, j’ai fait 2 roadtrips, et avoir cette liberté de faire ce que je veux, quand je veux, où je veux, m’a vraiment permis de me trouver et de voir des paysages magnifiques, comme le lever de soleil au Lac Tasman, un lac au bord de montagnes enneigées, rempli d’iceberg.

Carla - Franz Joseph glacier
Carla – Franz Joseph glacier – 2020

Ta plus belle rencontre ?

Toi ? (rires) Je dirais que m’a plus belle rencontre a été le papa d’une de mes familles d’accueil. Malgré le fait que je parte, il a continué d’être là pour moi souvent et m’a aidé en me prêtant une voiture pour tout mon séjour en Nouvelle Zélande, ce qui est une chance formidable.

Et ta pire galère ?

Le début ne t’a pas suffi ? (rires). Je dirais les changements de plan à la dernière minute, qui font partie intégrante de la Nouvelle Zélande !

Quels étaient tes objectifs en Nouvelle Zélande ? Les as-tu atteints ? Penses-tu avoir changée depuis ton départ ? Qu’est-ce que cette expérience t’a apporté ?

Mes objectifs étaient d’apprendre l’anglais, de découvrir la culture néo-zélandaise, de voyager et d’en apprendre plus sur moi. Pour l’anglais j’ai maintenant le niveau terminal selon un quizz Google (rires). Non je me débrouille bien mieux en anglais.

Être au pair m’a beaucoup aidé, en étant avec des enfants au quotidien qui utilisent un vocabulaire simplifié. J’ai continué de travailler l’anglais avec des applications, regardé des films sous titrés anglais et… les sites de rencontres ça compte ? (rires).

En étant au paire j’étais en plein cœur de la culture néo-zélandaise, j’ai vraiment vu leur mode de vie, leur façon de penser, les différences entre eux et nous. Avant d’arriver en Nouvelle-Zélande, je pensais que tous étaient maoris !

Et bien sur ce voyage m’a fait grandir personnellement. Après 1 an je ne suis certainement plus la même. Surtout en étant avec des enfants au quotidien, j’ai du montrer l’exemple et je n’avais pas le choix que d’être bien et toujours là pour eux. Ca m’a appris à les aimer, et à voir à quel point ils étaient important, ils nous raccrochent à la vie, et donnent envie de s’accomplir en leur transmettant nos connaissances. Une autre forme d’évolution.

Es-tu heureuse aujourd’hui ?

Qu’est-ce qu’être heureuse pour toi ? (rires) Avant de partir je n’étais jamais heureuse, j’apprends petit à petit avec le voyage à être heureuse des petites choses chaque jour, car il n’y a que moi, et personne ne me donnera ce bonheur si je ne le fais pas.

Carla - Tongariro
Carla – Tongariro – 30/12/2020

As-tu des projets pour la suite ?

Yes!! M’inscrire a Pekin Express avec ou sans toi !! HAHA

Une chose est sure, j’ai attrapé le virus du voyage. J’aimerais enchainer sur un autre PVT au Canada ou en Amerique latine. Ou bien rentrer en France et faire un tour de France, et d’Europe ! Une chose est sure je ne supporterais plus de travailler dans un bureau. J’aimerais beaucoup conseiller d’autres jeunes qui partiraient en Nouvelle Zélande, dans leurs préparatifs etc. Leur faire savoir que s’ils ont un souci ils ont quelqu’un à appeler (pas comme l’immigration !) exactement comme on l’a fait pour moi. Car c’est difficile de partir seul à l’étranger !

Merci Carla !

Le parcours de Carla vous a touché ? Vous auriez d’autres questions à lui poser ? Souhaitez vous lire d’autres portraits ? N’hésitez pas à me laisser un commentaire !

Vous pouvez également suivre les aventures de Carla sur son instagram : french_in_nz

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4 commentaires

  1. Superbe rencontre, et chaque histoire est différente et enrichissante à découvrir ! Encore bravo à vous

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